Réunis à Dakar au Sénégal, lors de l’atelier régional sur les mécanismes de financement pour la préparation et la riposte aux urgences sanitaires tenu du 10 au 11 février 2022, les acteurs de la Société Civile du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Niger, du Sénégal, du Tchad, de la République Centrafricaine et de la République Démocratique du Congo ont mis à profit ce cadre de rencontre pour adresser ce message aux décideurs africains dans le cadre de la 7ème Reconstitution du Fonds mondial dont la teneur suit :

Chers Dirigeants africains !

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme organise une conférence de reconstitution de ses ressources financières.

La conférence, qui se déroule tous les trois ans, réunit des représentants des gouvernements, de la société civile, du secteur privé et des communautés touchées par les trois maladies infectieuses les plus dévastatrices à savoir le sida, la tuberculose et le paludisme. À cette occasion, les donateurs gouvernementaux et du secteur privé annoncent leur promesse de dons.

Les ressources ainsi collectées permettent au Fonds mondial de soutenir les pays et les populations touchés afin de sauver des millions des vies, d’éviter que des millions de nouvelles personnes soient infectées dans les trois prochaines années et de continuer à financer le renforcement des systèmes de santé. Cet engagement sera essentiel pour en finir avec les trois pandémies à l’horizon 2030.

Nous nous réjouissons des efforts fournis par les pays africains qui ont doublé leur contribution pour lutter contre le VIH/Sida, le paludisme et la tuberculose (même si certaines restent symbolique) lors de la 6ème reconstitution du Fonds mondial d’octobre 2019 à Lyon en France qui a d’ailleurs enregistré la présence de plusieurs chefs d’Etat du continent. Le fonds mondial a ainsi obtenu des promesses de dons d’une somme sans précédent de 14 milliards de dollars US en vue du provisionnement de ses subventions pour la période 2021-2023.

Chers Dirigeants africains !

Cette année, les États-Unis accueilleront la 7ème Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial au deuxième semestre de l’année 2022.

Cette 7ème Conférence, qui se déroulera dans un contexte marqué par la crise sanitaire liée au COVID-19, servira à recueillir des promesses de dons pour assurer les subventions pour la période 2024-2026, qui correspond à la première moitié de la période de la stratégie du Fonds mondial tout juste approuvée par son Conseil d’administration dont les grandes orientations reconnaissent explicitement le rôle que le partenariat avec la Société Civile notamment, peut et doit jouer dans la préparation et la riposte aux pandémies, compte tenu des impacts des celles-ci sur les communautés vulnérables.

Or, Chaque jour, le VIH infecte près de 1000 adolescentes et jeunes femmes. Aujourd’hui encore, un enfant meurt toutes les deux minutes du paludisme tandis que la tuberculose est désormais la maladie infectieuse la plus meurtrière de la planète.

Pour cette raison, Nous Acteurs de la Société Civile présents à l’atelier régional sur les mécanismes de financement pour la préparation et la riposte aux urgences sanitaires, élevons nos voix pour appeler à un renforcement des investissements dans la santé au plan national et une augmentation significative des contributions des pays africains à l’occasion de la 7ème conférence qui mettra en avant les engagements à soutenir un vaste développement économique et social en mettant fin aux épidémies et en consolidant les systèmes de santé pour qu’ils soient plus résilients. 

Nous profitons de notre présence à Dakar pour demander au Président de la République du Sénégal et Président en exercice de l’Union Africaine, son Excellence Macky Sall, de souligner à chaque occasion à ses pairs, Chefs d’Etats africains, l’importance des dépenses nationales dans le secteur de la santé pour que chaque pays atteigne ses objectifs avec l’appui des autorités publiques, de la Société Civile et du secteur privé car la santé est un droit humain fondamental.

Egalement, nous demandons à l’Union Africaine de faire de cette reconstitution une de ses priorités en mobilisant les Chef d’Etat et la Société Civile africaine dans la reconstitution des ressources du fonds mondial.

En prévision du retrait des Bailleurs dont le Fonds mondial, Nous, Société Civile, recommandons au Fonds mondial, une répartition de la contribution des Etats africains de plus en plus importante, en leur permettant de conserver un pourcentage des fonds de leur promesse pour les investir dans la lutte contre les pandémies particulièrement en faveur des populations vulnérables.

A cet effet, un mécanisme de suivi de l’utilisation de ces fonds sera défini et confié à la Société Civile.

« Nous devons accélérer le mouvement maintenant »

 

Dans le cadre de la 7ème reconstitution du Fonds Mondial qui aura lieu cette année, le rôle de la Société Civile est crucial afin que cette reconstitution du Fonds Mondial tienne compte des besoins réels et persistants des communautés. Ces besoins et le rôle de la SC est d’autant plus cruciale dans un contexte double : celui de la pandémie covid 19 ayant affaibli les avancées sur les 3 maladies et celui de la transition engagée par les PTF dont le Fonds mondial.

Pour inclure la SC, ASAPSU vous propose de transmettre vos orientations à travers une consultation de la Société Civile. Cette consultation à vocation régionale sera un court questionnaire et permettra donc :

1- de mettre en exergue quelques succès du Fonds Mondial sur les 3 maladies y compris pendant la pandémie

2- déterminer les défis persistants liées aux activités du Fonds Mondial contre ces maladies

3- proposer des points d’amélioration essentiels à mettre en œuvre lors de la nouvelle stratégie

4-recueillir votre vision de la transition afin que la perspective des transitions du Fonds Mondial reflète réellement les besoins en santé des communautés et ne fragilise pas les systèmes de santé

 

Fait à Dakar le 11 février 2022

 

Les acteurs de la Société Civile du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Niger, du Sénégal, du Tchad, de la République Centrafricaine et de la République Démocratique du Congo.