Chers partenaires,
La Côte d’Ivoire est face à des enjeux de santé préoccupants qui mettent à mal l’amélioration de l’Indice du Capital Humain de notre pays. Le capital humain peut se définir comme : « les connaissances, les compétences et la santé que les gens accumulent tout au long de leur vie, leur permettant de réaliser leur potentiel en tant que membres productifs de la société » . La santé est donc au cœur de l’amélioration de cet indice. La survenue de la pandémie de COVID 19 est venue empirer l’impact considérable d’enjeux de santé préexistants qui nuisaient déjà au capital humain ivoirien.
Il s’agit notamment des trois (3) épidémies que sont la tuberculose, le VIH et le paludisme ainsi que la Santé Reproductive, Maternelle, Néonatale, de l’Enfant, de l’Adolescent et la Nutrition (SRMNEA+N).
Afin de pouvoir influencer positivement l’amélioration de l’indice du capital humain, nous avons mobilisé les parlementaires de Côte d’Ivoire afin de construire avec eux le plaidoyer vers nos partenaires techniques et financiers dont plus particulièrement l’IDA dans le cadre de la reconstitution IDA 20.
Défis du capital Humain en Côte d’Ivoire
Ces échanges nous ont permis d’identifier des défis considérables:
– Sur les 3 épidémies et plus particulièrement la tuberculose, les défis en Côte d’Ivoire concernent :
– Une vulnérabilité importante des enfants de 0-5 ans et une co-infection importante de l’ordre de 24% avec le VIH
– une perturbation des services de dépistage en raison de la similitude des symptômes avec la COVID 19.
– Un faible apport financier à la tuberculose de la part du gouvernement dans le cadre de la lutte contre les 3 épidémies en Côte d’Ivoire: 2,2 milliards sur 30 milliards soit 7,2%.
– 76% de la lutte contre la Tuberculose non financée.
– La tuberculose a causé 5500 décès en 2019
– Sur la SRMNEA, les défis en Côte D’Ivoire concernent entre autres :
– l’amélioration de la lutte contre les défis de la SRMNEA, un enjeu identifié dans le dossier d’investissement de la Côte d’Ivoire
– une mortalité infantile très élevée de 58,6 enfants sur 1000
– 617 décès maternels sur 100. 000 naissances vivantes en raison entre autres de :
– Hémorragies (36%)
– Dystocies (20%)
– Complications liées à l’avortement (15%)
– Une distance de 5 à 15km entre le centre de santé le plus proche et le lieu de vie de 56 % des femmes
– Sur la Nutrition, les défis en Côte D’Ivoire concernent entre autres :
– Un retard de croissance de 22 % des enfants de 0-5 ans
– Un taux d’émaciation de 6 %
– Un taux d’insuffisance pondérale de 13 %
Il s’agit là d’éléments affaiblissant considérablement la santé des Ivoiriens et plus particulièrement des plus jeunes. Comme nous l’avons mentionné plus haut, le capital humain donne une place particulière à la santé et nous pensons qu’une population affectée par ces difficultés en matière de santé a peu de chances d’améliorer son capital humain et donc d’atteindre son plein potentiel.

Recommandations que nous adressons au Board de l’IDA pour sa reconstitution
A l’occasion des échanges avec les Parlementaires, ASAPSU et les députés présents ont décidé d’adresser à l’IDA une série de recommandations qu’il serait intéressant de prendre en compte dans leur prochaine reconstitution. Notre objectif est de faire en sorte que la reconstitution de l’IDA et l’amélioration de l’indice du capital humain de la Côte d’Ivoire soient axés vers des éléments que la Société Civile et les membres du Parlement estiment déterminants pour la santé des Ivoiriens.
Ainsi donc les parlementaires et ASAPSU recommandent à l’IDA :
1/ d’améliorer le développement d’outils et d’espaces permettant à la Société Civile et aux députés de suivre l’allocation par l’IDA des fonds destinés à la lutte contre les 3 maladies et plus précisément la tuberculose. Le premier objectif de cette requête est de s’assurer qu’il y a une amélioration des fonds alloués par l’IDA à la lutte contre les 3 maladies et surtout la tuberculose dont 76% du financement pour la lutte reste manquant. Le deuxième objectif est de s’assurer que ces fonds sont orientés vers les secteurs pertinents dont notamment la santé communautaire. Impliquer davantage la Société Civile et les Parlementaires est nécessaire pour améliorer la lutte contre la tuberculose qui fait partie des 3 maladies qui fragilisent la santé et le capital humain des ivoirien.ne.s. Dans un contexte ou les 3 épidémies ont été profondément impactées par la pandémie COVID 19 en Afrique et en Côte d’Ivoire, il nous semble que la reconstitution de l’IDA ait une attention particulière sur la prévention et le soin de ces 3 maladies. Notre objectif est de faire en sorte que les gains obtenus contre ces 3 maladies et plus particulièrement la tuberculose ces dernières années en Côte d’Ivoire ne soient pas perdus. En nous aidant à y parvenir, l’IDA soutiendrait la Côte d’Ivoire pour renforcer l’Indice de son capital humain.

2/ D’améliorer le financement de la Santé Reproductive, Maternelle, Néonatale, de l’Enfant et de l’Adolescent + la Nutrition (SRMNEA+N) sur les questions :
– de renforcement des équipements de dispositifs d’accouchement
– de construction de davantage de centres de santé équipées dans les régions reculées
– d’orienter les financements de manière à rendre gratuits les soins maternels et infantiles entre 0 et 5 ans.
– de soutenir l’intégration de la nutrition dans le panier de soins de la CMU et de la CSU en Côte d’Ivoire
Pour nous le renforcement de la SRMNEA+N est un passage important du financement de l’IDA en faveur de du capital humain Ivoirien. La santé de ces publics vulnérables que sont les femmes et les très jeunes est essentielle au développement de leur capital humain.

3/ d’impliquer la société civile et/ou les parlementaires dans la construction d’un mécanisme visant à s’assurer que les financements accordés pour renforcer le capital humain ivoirien n’alourdissent pas la dette du pays. Nous proposons ceci car il est essentiel que la santé soit renforcée au bénéfice de l’économie du pays et non à son détriment. L’impact considérable des 3 maladies et de la SRMNEA+N sur le capital humain font d’eux des éléments cruciaux à cibler pour l’IDA. Mais l’enjeu de la dette est très important pour nous et l’aide accordée pour ces enjeux de santé ne doit pas compromettre l’avenir des générations futures à développer leur capital humain.

En foi de quoi ASAPSU et les Parlementaires présents à cet atelier adressent au Board de l’IDA la présente lettre dans l’objectif que les éléments énoncés soient pris en compte dans la reconstitution IDA 20.

Les signataires de cette lettre sont :
L’Association de Soutien à l’Autopromotion Sanitaire Urbaine (ASAPSU).

Les Parlementaires